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Le choix d’une vie

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est faire un choix entre avancer soi-même ou faire avancer autrui au détriment de soi-même par amour. Lors de ma transition vers l’âge adulte, je me suis sentie divisée entre 2 émotions principales soit, rester auprès de ma mère et continuer à m’occuper d’elle ou bien partir et me concentrer sur ma vie et mes projets. Cette photo démontre les différentes émotions, réflexions et choix que je n’aurais pas traversés si je n’avais pas eu un parent avec une maladie mentale. Bianca, 22 ans

Grandir petit

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, ça peut amener à se sentir petit et peu en confiance en raison de l’absence de modèles adultes positifs. Peut-être que nos modèles avaient eux-mêmes de la difficulté à s’accrocher à la vie en raison de leur difficulté. Alors, on ne se sent pas équipé pour faire face à ce monde vaste et s’imaginons encore petit. Victoria, 24 ans

Trop plein

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est souvent vivre des émotions qui peuvent être écrasantes et variées. Les situations peuvent entraîner diverses émotions positives ou négatives. Chaque couleur sur la photo représente une émotion : la colère c’est le rouge, le deuil et la crainte sont le violet, la dépression c’est le bleu, la trahison c’est le jaune et l’optimisme c’est l’orange. Il y a aussi la culpabilité, le rejet et la honte. Comme le linge sale, les émotions sont quelques fois débordantes (le bac déborde). J’ai parfois vécu des débordements d’émotions et il m’a été difficile de trier et comprendre les émotions que j’ai expérimentées. Il faut alors se rappeler qu’il est possible de laver son linge et de vider le bac! Il y a aussi l’idée de « laver son linge sale en famille », c’est-à-dire qu’on va chercher à régler les situations en famille et non en public, discrètement, sans en parler à l’extérieur. Les troubles de ma mère ont toujours été un sujet tabou, même entre les membres de ma famille. Marianne, 21 ans

L’arbre qui respire

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est être comme un arbre qui respire à travers l’ombre et la lumière. Il grandit à travers les tempêtes et il cherche sa place et son appartenance jour après jour pour exister et avancer. Durant mes années 16-25 ans, je constate que j’ai passé à travers plusieurs moments de vie et plusieurs contextes. Parfois, j’arrivais à vivre de façon positive (côté clair de la photo) et parfois c’était plus difficile (côté sombre de la photo)… J’ai ainsi grandi à travers l’ombre et la lumière comme un arbre. Claudia, 24 ans

Un verre à moitié…

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est vivre parfois de mauvais jours qui semblent s’éterniser et ne pas avoir de fin, mais c’est aussi vivre des jours qui vont super bien. Il arrive même que ça passe d’un extrême à l’autre au cours d’une même journée. J’ai appris à apprécier les bons jours et à passer au travers des mauvais… parce que, en fin de compte, le verre n’est pas à moitié vide ou même à moitié plein, il est juste à moitié. Maintenant, il est temps pour moi d’avancer. Ce qui aide à se sentir mieux face aux défis rencontrés c’est donc de choisir notre façon de voir les choses. Daniel, 23 ans

Insomnie et désespoir

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est se sentir seul et être anxieux, car on pense trop (notamment la nuit) à nos problèmes et aux solutions qui pourraient régler ceux-ci. Les nombreuses chicanes que j’ai avec ma mère et ses troubles et angoisses me rendent régulièrement anxieuse et m’empêchent de me concentrer au maximum à l’école, de dormir et me désespèrent, car j’ai déjà essayé beaucoup de méthodes qui ne fonctionnent pas. C’est le désespoir. Marie-Pier, 21 ans