L'exposition numérique présente les photographies prises et partagées par les 9 JPTM (Jeunes en transition à la vie adulte ayant un Parent atteint d’un Trouble Mental) âgés de 18 à 25 participants au projet de recherche Photovoice 16-25 ans (voir la page du projet pour la méthode). Chaque photographie est accompagnée de son titre et de sa légende qui ont été rédigés par les participants dans le cadre des ateliers Photovoice. Cette exposition vise à sensibiliser la communauté aux réalités et aux défis de devenir adulte lorsque l'on a un parent atteint d'un trouble mental ainsi qu'aux moyens que les jeunes entreprennent pour y faire face.

Trois grandes thématiques ont été explorées avec les participants : 1) la transition à la vie adulte lorsque l'on a un parent atteint d'un trouble mental, 2) le rôle de proche aidant, et 3) les moyens entrepris pour mieux se sentir face aux défis reliés au trouble mental du parent.

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Le choix d’une vie

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est faire un choix entre avancer soi-même ou faire avancer autrui au détriment de soi-même par amour. Lors de ma transition vers l’âge adulte, je me suis sentie divisée entre 2 émotions principales soit, rester auprès de ma mère et continuer à m’occuper d’elle ou bien partir et me concentrer sur ma vie et mes projets. Cette photo démontre les différentes émotions, réflexions et choix que je n’aurais pas traversés si je n’avais pas eu un parent avec une maladie mentale. Bianca, 22 ans

Grandir petit

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, ça peut amener à se sentir petit et peu en confiance en raison de l’absence de modèles adultes positifs. Peut-être que nos modèles avaient eux-mêmes de la difficulté à s’accrocher à la vie en raison de leur difficulté. Alors, on ne se sent pas équipé pour faire face à ce monde vaste et s’imaginons encore petit. Victoria, 24 ans

Trop plein

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est souvent vivre des émotions qui peuvent être écrasantes et variées. Les situations peuvent entrainer diverses émotions positives ou négatives. Chaque couleur sur la photo représente une émotion : la colère c’est le rouge, le deuil et la crainte sont le violet, la dépression c'est le bleu, la trahison c'est le jaune et l’optimisme c’est l’orange. Il y a aussi la culpabilité, le rejet et la honte. Comme le linge sale, les émotions sont quelques fois débordantes (le bac déborde). J’ai parfois vécu des débordements d’émotions et il m’a été difficile de trier et comprendre les émotions que j’ai expérimentées. Il faut alors se rappeler qu’il est possible de laver son linge et de vider le bac! Il y a aussi l’idée de « laver son linge sale en famille », c’est-à-dire qu’on va chercher à régler les situations en famille et non en public, discrètement, sans en parler à l’extérieur. Les troubles de ma mère ont toujours été un sujet tabou, même entre les membres de ma famille. Marianne, 21 ans

L’arbre qui respire

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est être comme un arbre qui respire à travers l’ombre et la lumière. Il grandit à travers les tempêtes et il cherche sa place et son appartenance jour après jour pour exister et avancer. Durant mes années 16-25 ans, je constate que j’ai passé à travers plusieurs moments de vie et plusieurs contextes. Parfois, j’arrivais à vivre de façon positive (côté clair de la photo) et parfois c’était plus difficile (côté sombre de la photo)… J’ai ainsi grandi à travers l’ombre et la lumière comme un arbre. Claudia, 24 ans

Un verre à moitié…

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est vivre parfois de mauvais jours qui semblent s’éterniser et ne pas avoir de fin, mais c’est aussi vivre des jours qui vont super bien. Il arrive même que ça passe d’un extrême à l’autre au cours d’une même journée. J’ai appris à apprécier les bons jours et à passer au travers des mauvais... parce que, en fin de compte, le verre n’est pas à moitié vide ou même à moitié plein, il est juste à moitié. Maintenant, il est temps pour moi d’avancer. Ce qui aide à se sentir mieux face aux défis rencontrés c’est donc de choisir notre façon de voir les choses. Daniel, 23 ans

Insomnie et désespoir

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est se sentir seul et être anxieux, car on pense trop (notamment la nuit) à nos problèmes et aux solutions qui pourraient régler ceux-ci. Les nombreuses chicanes que j’ai avec ma mère et ses troubles et angoisses me rendent régulièrement anxieuse et m’empêchent de me concentrer au maximum à l’école, de dormir et me désespèrent, car j’ai déjà essayé beaucoup de méthodes qui ne fonctionnent pas. C’est le désespoir. Marie-Pier, 21 ans

Je me sens revivre!

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est d’être confronté à l’instabilité de son parent. La façon de vivre de ma mère et son instabilité font qu'aujourd’hui j’ai de la difficulté à affronter certains problèmes et encore, à prendre certaines décisions. Mais malgré ça, j’ai la possibilité de créer mes propres racines pour apprendre à m’épanouir et fleurir grâce à mes propres succès! Joany, 24 ans

Le fil d’une vie

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est avoir le rôle de parent et celui de l’enfant qui se mêlent comme un tas de fils. Lorsque mon père est tombé malade, la frontière qui existait entre moi et mes parents est devenue floue. J’avais le rôle alternativement du parent et de l’enfant et même dans une certaine mesure du mari parce que je devais remplacer mon père qui ne pouvait pas occuper ses fonctions. Daniel, 23 ans

Obstacles par-dessus obstacles

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est d’être confronté à des marées imprévisibles dans la relation qu’on a avec notre parent. Ma relation mère-fille… il n’y en a jamais eu. Quand j’essayais de l’aider, je finissais toujours par m’oublier ou me faire rejeter. C’est un défi constant de simplement essayer d’avoir une bonne relation, de l’aider. Toujours marcher sur des œufs, ne pas savoir si elle sera heureuse ou non aujourd’hui. Ça a créé beaucoup d’instabilité puisqu’elle ne reste pas stable (financièrement, déménagements …). Joany, 24 ans

Copie conforme

Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est avoir la peur constante de devenir la copie conforme de son parent. J’ai la peur qui me hante de devenir la copie conforme de ma mère, de reproduire ses comportements ou même, ses dépendances. C’est une peur qui me hante constamment dans une période où on cherche à se définir par soi-même en tant qu’individu autonome et indépendant, où nous voulons vivre nos expériences et essayer l’alcool, certaines drogues, etc. Marie-Pier, 21 ans

• Certains jeunes ont souhaité conserver leur prénom, d’autres ont proposé un prénom fictif pour conserver leur anonymat •

Contact
Aude Villatte
Chercheuse principale
aude.villatte@uqo.ca

Financement 
SSHRC-CRSH 892-2018-2024

Éthique
Étude approuvée par le Comité d'éthique de la recherche de l'UQO
Numéro de dossier : 2019-191 / 19 mars 2019