L'exposition numérique présente les photographies prises et partagées par les 9 JPTM (Jeunes en transition à la vie adulte ayant un Parent atteint d’un Trouble Mental) âgés de 18 à 25 participants au projet de recherche Photovoice 16-25 ans (voir la page du projet pour la méthode). Chaque photographie est accompagnée de son titre et de sa légende qui ont été rédigés par les participants dans le cadre des ateliers Photovoice. Cette exposition vise à sensibiliser la communauté aux réalités et aux défis de devenir adulte lorsque l'on a un parent atteint d'un trouble mental ainsi qu'aux moyens que les jeunes entreprennent pour y faire face.

Trois grandes thématiques ont été explorées avec les participants : 1) la transition à la vie adulte lorsque l'on a un parent atteint d'un trouble mental, 2) le rôle de proche aidant, et 3) les moyens entrepris pour mieux se sentir face aux défis reliés au trouble mental du parent.

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Attention

Être un proche aidant pour son parent atteint d’un trouble mental, c’est être comme cette pile de livres qui semble se tenir, mais qui est prête à tomber à tout moment. J’aime considérer que comme proche aidant j’apporte de la stabilité chez moi. Cependant, je suis aussi conscient que tout peut basculer à chaque instant. Daniel, 23 ans

Le soutien

Être un proche aidant pour son parent atteint d’un trouble mental, c’est de l’aider au quotidien tout en veillant à son propre bien-être en tant qu’adolescent et jeune adulte. Claudia, 24 ans

Les économies

Être un proche aidant pour son parent atteint d’un trouble mental, c’est souvent devoir mettre de côté certains projets personnels pour subvenir aux besoins de sa famille. Depuis quelques années, il m’est arrivé à plusieurs reprises de prêter d'assez gros montants à ma mère, ce qui me limitait dans certains de mes projets. Marie-Pier, 21 ans

Main dans la main

Être un proche aidant pour son parent atteint d’un trouble mental, c’est offrir du soutien, de l’encouragement et un accompagnement sans attendre à recevoir en retour. Tout se vit à deux, c’est un travail d’équipe. C’est d’offrir du soutien, encourager, accompagner, aider l’autre, mais aussi s’oublier et risquer d’être entraîné vers le bas quand le parent rechute. C’est aussi jouer le rôle de parent de son parent et devenir un outil de bien-être pour lui. Ça teinte tes émotions : c’est à la fois satisfaisant et décevant quand on sent qu’on veut plus que l’autre. Mais ça fait grandir en tout cas. Bianca, 22 ans

Fermeture

Être un proche aidant pour son parent atteint d’un trouble mental n’est pas un rôle facile. Il est souvent difficile d’apporter du soutien à son parent, car c’est avoir l’impression d’être face à une porte qui reste presque toujours fermée : ton parent s’éloigne pour ne pas t’affecter et toi tu t’éloignes pour te protéger. Mais malgré la distance et la fermeture, il y a plein d’espoir et plein d’amour! Les rayons de soleil et la porte entrouverte représentent les occasions où ma mère s’est confiée à moi et où j’ai pu l’écouter. Victoria, 24 ans

L’équilibre

Être un proche aidant pour son parent atteint d’un trouble mental, c’est être comme ces deux oiseaux qui se tiennent proches et qui se regardent pour s’accrocher à la vie. J’ai habité avec ma mère durant mon adolescence et début d’âge adulte et j’étais près d’elle pour la soutenir. À un moment donné, je vivais les mêmes choses et j’avais les mêmes problèmes sur les épaules qu’elle. J’ai vite appris à être solide et à appuyer ma mère. J’avais le rôle de la mère et j’étais mature. Elle s’accrochait à moi et j’essayais aussi de m’accrocher : on s’accrochait à la vie ensemble, comme ces oiseaux sur la même ligne. Claudia, 24 ans

Le réconfort

Être un proche aidant pour son parent atteint d’un trouble mental, c’est avoir la responsabilité de le réconforter ou de le rationaliser dans des situations d’émotions fortes; comme cet enfant qui réconforte sa mère alors que ce n’est pas nécessairement sa responsabilité. Il m’est arrivé, au cours des dernières années et encore aujourd’hui, de devoir réconforter ma mère dans ses peines et ses peurs, de la calmer dans son anxiété et dans ses colères… Marie-Pier, 21 ans

Poids de pousser

Être un proche aidant pour son parent atteint d’un trouble mental, c’est vouloir aider l’autre. Mais parfois ça ne mène qu’à une descente pour nous-mêmes. Pouvoir trouver un assureur automatique pour se reposer s’avère essentiel pour éviter de s’écraser. Cette photo représente la constante force qui doit être déployée pour soutenir quelqu’un et pour l’aider à atteindre ses objectifs ou un but fixé. Je considère avoir toujours poussé ma mère vers le positif et vers des objectifs. Toutefois, cela m’a souvent menée vers le bas, comme un fardeau sur mes épaules et une constante inquiétude. Je suis l’outil de bonheur de ma mère, sans considérer mon propre bonheur. C’est une relation à sens unique. Marianne, 21 ans

Grandir avec le temps

Être un proche aidant pour son parent atteint d’un trouble mental, c’est aider l’autre à s’aider et à grandir, peu importe le mal présent. Car il faut continuer à avancer dans la vie, peu importe le problème. Coralie, 18 ans

• Certains jeunes ont souhaité conserver leur prénom, d’autres ont proposé un prénom fictif pour conserver leur anonymat •

Contact
Aude Villatte
Chercheuse principale
aude.villatte@uqo.ca

Financement 
SSHRC-CRSH 892-2018-2024

Éthique
Étude approuvée par le Comité d'éthique de la recherche de l'UQO
Numéro de dossier : 2019-191 / 19 mars 2019