Comment prendre soin de moi malgré les défis ?

C’est possible que les difficultés vécues avec ton parent affectent ta scolarité, ta vie professionnelle, ta vie amoureuse, ton bien-être ou bien d’autres aspects importants de ton quotidien. La bonne nouvelle c’est qu’il existe des moyens pour t’aider à maintenir une bonne santé mentale, malgré les défis. Tu trouveras, dans cette section, des exemples de moyens qui pourraient t’aider à te sentir bien ou mieux. Tu pourras constater que de prendre du temps pour toi, d’échanger avec ton parent et de te confier à d’autres personnes peuvent vraiment aider ! Des exercices d’auto-évaluation, proposés à la fin de cette section, te permettront de faire le point sur les moyens dont tu disposes déjà et sur ceux que tu pourrais mettre en place.

Comme le corps, le mental peut être malade!

C’est très important de prendre des pauses de ta vie familiale.
Ce n’est pas égoïste que de vouloir te sentir bien.

 

Plusieurs jeunes ont dit que ça les avait vraiment aidés de faire les choses suivantes :

  • Rendre visite à un ami ou aller boire un café avec lui
  • Prendre une marche à l’extérieur ou aller se promener dans la nature
  • Prendre un bain
  • Regarder un film ou aller au cinéma
  • Jouer de la musique ou danser
  • Écrire dans un journal
  • Faire une activité physique (comme courir, taper dans un punching bag, etc.)
  • Hurler ses émotions dans une couverture
  • Faire une sieste ou des exercices de relaxation
  • Parler à son chien ou à son chat (il peut se montrer attentif)
  • Avoir un passe-temps (comme dessiner, la photographie)
  • Faire du bénévolat
  • Etc.

Les jeunes ayant un parent atteint d’un trouble mental disent souvent qu’une des choses qui les aident le plus c’est de faire partie d’un groupe composé de jeunes dans la même situation. Il existe des ressources qui peuvent t’outiller et répondre à tes besoins (ex. : les associations-membres du Réseau Avant de Craquer - voir Ressources utiles et gratuites)

Prendre du temps pour toi permet à ton corps et à ton mental de mieux faire face aux défis que tu rencontres avec ton parent et dans la vie en général.

« Quand tu vas dans la nature par exemple, faire une randonnée. T’arrives à des points de vue, c’est tellement apaisant. Quand t’as un parent avec un trouble mental, c’est lourd, c’est fatiguant, c’est redondant, tu t’inquiètes tout le temps pour eux. Quand t’arrives à des endroits comme ça, ça te permet de relaxer, de te reposer et de te dire, « OK… Y’a d’autres choses dans la vie », c’est plus grand que juste ta mère avec son problème. » 

Joany, 24 ans

Communiquer avec ton parent : c’est important !

C’est une bonne chose d’essayer de parler avec ton parent à propos de ce qui se passe. Ça peut sembler difficile mais tu pourrais simplement débuter la conversation en parlant de tes inquiétudes, comme : « Papa, tu sembles vraiment fatigué ces derniers temps. Je suis inquiet. Qu’est-ce qui se passe ? ».

Essaie d’avoir une conversation quand les choses vont plutôt bien à la maison et quand personne n’est découragé ou en colère. Cela pourrait être une bonne stratégie de planifier cette conversation à l’avance afin que chacun se sente prêt à discuter sérieusement (ex. : « Papa, penses-tu qu’on pourrait se parler ce soir, après le souper ?). Tu pourrais même montrer ce guide à ton parent comme point de départ.

Pour t’exprimer, utilise la technique du « Je », c’est-à-dire, exprime-toi en commençant par « Je me sens... » ou «  Je suis (nomme l’émotion)… ». Par exemple, au lieu de dire à ton parent « Tu as vraiment besoin d’aller te faire soigner! », tente plutôt de t’exprimer de la sorte : « Je suis très inquiet pour toi et je pense que cela pourrait t’aider si tu parlais à quelqu’un de ce que tu vis. »

Souviens-toi que parler avec ton parent du trouble mental ne réglera pas toutes les difficultés en une conversation. Ça peut en prendre plusieurs : en commençant par aborder des choses plus petites puis en abordant des sujets de plus en plus importants au fur et à mesure des discussions. Tu pourrais avoir peur de fâcher ton parent en lui parlant de ces choses-là, mais il se sentira sans doute mieux quand il comprendra ce que tu vis.

 

Quand la communication peut être plus compliquée

Cela peut être plus difficile de communiquer avec ton parent quand ses symptômes sont trop sévères. Il peut être de mauvaise humeur ou tu peux avoir l’impression qu’il n’a pas envie de passer du temps avec toi. Il pourrait aussi te prendre comme confident et attendre de toi que tu le rassures et le réconfortes. Quand les personnes se sentent mal, il peut être vraiment difficile pour elles d’être avec d’autres personnes dans un véritable échange. Dans ces moments-là, ton parent peut avoir de la difficulté à t’écouter ou à prendre en compte ton point de vue.

La vérité, c’est que ton parent n’a sans doute pas conscience ou bien ne réalise probablement pas la façon dont il agit avec toi ou avec les autres, ou n’a pas l’énergie pour penser à ça. Garde en tête que la personne qui vit avec un trouble mental ne se résume pas à ses symptômes : elle conserve ses qualités et compétences, mais il peut arriver que les symptômes prennent toute la place. Dans ces moments-là, c’est très important de :

  • te rappeler que ce n’est pas ta faute et que tu n’es pas responsable du rétablissement de ton parent! C’est plutôt le rôle des professionnels qualifiés d’accompagner les personnes atteintes d’un trouble mental dans leur rétablissement.
  • mettre tes limites en te servant de tes émotions comme d’un baromètre. Lorsque tu sens que c’est trop lourd ou trop difficile d’échanger avec ton parent, n’hésite pas à lui dire que ce n’est pas le moment de discuter et centre-toi sur les moyens à ta disposition pour prendre soin de toi. Il sera toujours temps de reprendre vos échanges quand vous vous sentirez plus calmes ou moins tristes, par exemple.

Si tu as l’impression que tu n’arrives pas à faire face à ce qui se passe avec ton parent, parles-en avec quelqu’un de confiance (un membre de ta famille, à ton médecin, à un de tes professeurs, etc...).

L’eau entre les doigts

« Cette photo représente mon parent qui me « coule entre les doigts ». Je veux l’aider mais je n’y arrive pas, car ma mère garde ses distances. C’est ainsi que je me sens avec mon parent: elle est très distante et je n’arrive pas à me rapprocher. J’ai l’impression de l’échapper comme de l’eau qui me coule entre les doigts. »

MC, 25 ans

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Parler à des personnes de confiance, ça aide vraiment !

C’est très important de pouvoir échanger avec ton parent, si tu le peux, mais aussi de trouver quelqu’un de confiance à qui parler. Cela peut t’aider à te sentir moins seul et ça ne veut pas dire que tu trahis ton parent. Souviens-toi, c’est difficile pour les autres de comprendre ce que tu vis si tu ne leur dis pas! Tu peux essayer de te confier à :
  • Ton autre parent
  • Ton frère ou ta sœur
  • D’autres personnes de ta famille en qui tu as confiance (ex.: un oncle ou une tante)
  • Un de tes professeurs ou enseignants
  • Des amis
Tu peux aussi participer à des groupes d’entraide et de soutien. Tu pourras ainsi échanger avec d’autres jeunes qui sont dans la même situation que toi. Parfois, tu peux aussi avoir besoin d’en parler à un professionnel ou un intervenant qualifié (psychologue, travailleur social, psychoéducateur, éducateur spécialisé, médecin, etc.). Dans la plupart des écoles, collèges ou universités (ou même dans certains milieux de travail), il y a des intervenants disponibles pour une conversation en privé à propos de ce que les étudiants vivent et, mêmes des programmes ou services d’aide qui sont offerts aux étudiants/employés. N’hésite pas à t’informer des services offerts dans les endroits que tu fréquentes et à aller chercher de l’aide, même si tu n’es pas certain d’en avoir besoin. De nombreux jeunes attendent malheureusement d’être en situation d’urgence avant de le faire. Ça peut être difficile de savoir comment débuter une conversation ou demander de l’aide, surtout quand tu te sens submergé ou si tu n’as pas l’habitude de partager tes émotions ou tes pensées. Voici quelques exemples de phrases qui pourraient t’aider pour débuter la conversation:
  • Si tu parles à quelqu’un qui ne connaît pas la situation de ton parent : « Mon père a un trouble mental et je trouve certaines choses vraiment difficiles. Je me demandais si on pouvait parler de ça parce que je sens que j’aurais besoin d’aide. »
  • Si tu parles à quelqu’un qui vous connaît, toi et ta famille, tu peux commencer en décrivant ce qui arrive ou bien ce qui a changé dans ta vie familiale (par exemple) : « Je suis inquiète à propos de ma mère. Quand je rentre de l’université, elle est toujours en train de dormir. Elle ne se rend même pas compte que je suis là et je l’entends souvent pleurer. Je ne sais pas quoi faire. »
PARLER, C'EST SAIN !
Rappelle-toi que tu n’es pas en train de trahir ton parent quand tu parles de ce que tu ressens à d’autres personnes. C’est un besoin humain de base de partager ses émotions. Voici certains indices qui peuvent t’indiquer que tu devrais te confier à un professionnel ou un intervenant :
  • Tu ressens de la détresse
  • Tu sens que le réconfort de tes proches ne te suffit pas
  • Tu commences à avoir de la difficulté à accomplir tes activités de tous les jours (ex. : étudier, pratiquer tes loisirs, travailler)
  • Tes proches voient que tu as besoin d’aide et te le disent
Les professionnels et les intervenants sont des personnes qui ont reçu une formation pour aider des personnes qui rencontrent différents types de difficultés. Ils peuvent travailler dans différents organismes (ex. : école/cégeps/universités, centres locaux de santé et de services sociaux-CLSC). Les conversations que tu as avec les professionnels ou les intervenants sont confidentielles. Ils sont là pour écouter comment tu vis les choses, sans porter de jugement. Ils pourront te poser des questions qui t’aideront à trouver des solutions aux défis que tu rencontres et te suggérer des choses qui pourraient t’aider.
Écoute professionnelle disponible en tout temps et gratuitement

Voici deux ressources destinées aux jeunes de 20 ans et moins que tu peux utiliser à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit si tu ressens le besoin de parler avec un intervenant. Les conservations sont confidentielles et gratuites, même depuis un cellulaire (texto et clavardage en ligne possibles). Tu seras aidé par un intervenant qualifié qui sait comment soutenir les jeunes qui rencontrent les mêmes défis que toi. Les services sont disponibles en français et en anglais. 

> Tél-Jeunes
Téléphone: 1 800 263-2266
Texto: 514 600-1002
Clavardage en ligne : teljeunes.com/Tel-jeunes

Jeunesse, j’écoute
Téléphone : 1 800 668-6868
Texto : texte TEXTO au 686868
Recherche en ligne : « Trouve une ressource autour de moi » partout au Canada (jeunessejecoute.ca/)
Application de clavardage iOS ou Android « Toujours à l’écoute » ou en ligne au jeunessejecoute.ca

Pour les jeunes de 20 ans et plus, Info-Social 8-1-1 représente une ressource utile pour recevoir une écoute professionnelle.

Fermeture

« Cette photo représente la relation avec ma mère par rapport à sa dépression. L’horloge représente le temps qui passe [...] La porte presque fermée indique une distance dans la relation, dans les conversations, rendant difficile d’apporter du soutien [...] Ma mère ne veut pas laisser paraitre ses difficultés pour ne pas nous affecter. En même temps, je m’éloigne moi-même puisque je me sens impuissante et que cela me blesse. Les rayons de soleil et la porte entrouverte représente toutefois les occasions où elle s’est confiée à moi et j’ai pu l’écouter. »

Victoria, 24 ans

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« Tu peux aller chercher de l’aide à l’extérieur. Y’a pas juste toi, pi des fois t’es pas la meilleure personne pour t’aider toi-même. Des fois faut que t’ailles à l’extérieur. » 

Marianne, 21 ans