Comment puis-je aider mon parent?

Chaque membre d’une famille à un rôle à jouer et assume certaines responsabilités familiales pour assurer le fonctionnement de la famille. Contribuer à la vie familiale (en aidant pour les repas, le ménage ou le linge par exemple) est important et apporte plusieurs bénéfices ! Les membres doivent toutefois s’entendre sur la répartition de ces responsabilités et elles doivent être attribuées en fonction de l’âge et des capacités de chacun. Cette attribution peut aussi dépendre de la culture, des valeurs et des règles de la famille.

Lors de moments plus difficiles, la famille doit être capable de s’adapter et d’être ouverte à des changements pour garder un bon fonctionnement familial. Cela peut impliquer de redistribuer certaines responsabilités entre les membres de la famille ou d’aller chercher une aide extérieure. Par exemple, si ton parent n’est pas en mesure de faire les tâches quotidiennes en raison de son trouble mental (ex. : faire les repas et le ménage, se déplacer, aller à ses rendez-vous), c’est bien de prendre quelques responsabilités en main, mais ne prends pas tout en charge !

Il y a aussi certaines choses que tu peux faire qui peuvent aider, si l’on en croit les témoignages de parents ayant un trouble mental:

  • T’informer sur le trouble mental pour pouvoir mieux comprendre ce qui se passe ;
  • T’occuper avec des activités plaisantes quand ton parent se sent moins bien ;
  • T’assurer d’avoir du temps pour toi et de garder des activités à l’extérieur de la maison (comme faire du sport ou voir tes amis), même lorsque ton parent se sent moins bien ;
  • Parler à quelqu’un quand tu en as besoin et ne pas hésiter à le dire à ton parent si ça t’a fait du bien. Ça peut être en parler à un ami, à quelqu’un de ta famille ou à un de tes professeurs, par exemple.

Il existe des ressources qui peuvent t’outiller et répondre à tes besoins (Voir les ressources).

Pas toujours facile de mettre ses limites

En plus de tes responsabilités habituelles, est-ce que tu prends en charge des choses pour aider ton parent telles que :

  • Cuisiner ou faire le ménage ;
  • Aider ton parent avec sa médication ou ses rendez-vous médicaux ;
  • T’occuper de tes frères/sœurs plus jeunes ;
  • Vérifier si ton parent est correct, lui apporter du réconfort et/ou être son confident ;
  • Lui prêter de l’argent, payer les factures ?

Ces responsabilités peuvent parfois représenter une source de stress importante, en raison :

  • De l’inversion des rôles qui peut parfois s’opérer. Tu pourrais avoir le sentiment de devenir le « parent de ton parent », de devoir faire différentes tâches et de prendre plusieurs décisions à la place de ton parent ;
  • De la difficulté à pouvoir répondre à tes propres besoins (te concentrer sur tes études, avoir le temps de voir tes amis, relaxer, écouter tes propres émotions) sachant le temps consacré au soutien apporté à ton parent ;
  • Des attentes irréalistes que tu pourrais avoir, comme le fait de penser que tu n’as pas le droit de perdre patience et de te décourager, que tu es responsable du bien-être de ton parent, que si ton parent ne se rétablit pas c’est que tu n’es pas à la hauteur, etc. ;
  • Des émotions que tu peux ressentir: colère, tristesse, culpabilité, deuil du parent idéal, anxiété ;
  • De l’isolement et de la stigmatisation qui entourent les problèmes de santé mentale. Les responsabilités peuvent te laisser peu de temps pour voir tes amis. Les jeunes ayant un parent atteint d’un trouble mental peuvent aussi avoir plus de difficultés à aller chercher du soutien comparativement à ceux dont les parents ont un trouble physique.
  • Des responsabilités financières que tu peux prendre pour subvenir aux besoins de ton parent et/ou à ceux de ta famille compte tenu de la situation de ton parent (ex.: payer les factures, acheter l’épicerie).

Il est important de reconnaître et d’accepter tes limites : personne n’est invincible et le stress n’est pas un signe de faiblesse! L’important est que tu trouves ta zone de confort dans l’accompagnement que tu offres à ton parent. Le problème c’est quand ça devient trop lourd !

C’est important de trouver un équilibre entre le fait d’aider ton parent et de vivre ta propre vie. Prendre une pause et du temps pour toi tout en sachant que ton parent est entre de bonnes mains est important pour ta propre santé. Si ça devient vraiment trop lourd de venir en aide à ton parent ou si celui-ci n’est vraiment pas bien, ou encore si tu trouves cela difficile de reconnaître, accepter ou mettre tes limites en présence de ton parent, tu pourrais avoir besoin de prendre de la distance ou avoir le goût de déménager chez une autre personne de ta famille (ex. : ton autre parent, un oncle/une tante), dans la famille d’un de tes amis, chez un ami, en colocation ou seul.

Plusieurs termes sont utilisés pour désigner les personnes qui apportent des soins ou du soutien à l’un de leur proche atteint d’un trouble mental, d’un trouble physique ou d’un autre type de difficulté (ex. : psychosociale). On peut parler de « proche aidant » ou « personne proche aidante », d’« accompagnateur » ou d’« aidant naturel » par exemple.

SOUVIENS-TOI

Chaque membre a sa place au sein de sa famille. Le rôle de ton parent n’est donc pas interchangeable avec le tien. Il est important que tu puisses mettre tes limites par rapport aux responsabilités que tu peux avoir et de pouvoir en discuter avec ton parent.

> Un parent qui a un trouble mental peut bien souvent avoir de la difficulté à remplir ses obligations professionnelles, familiales et sociales. Il pourrait ainsi avoir plusieurs préoccupations relatives à son enfant et à son rôle parental.

> Il est important d’être attentif aux émotions que tu vis et de comprendre ce qui te fait vivre ces émotions (ex. : la tâche qui t’est confiée est trop difficile).

> Lors de moments plus difficiles, tourne-toi vers tes ressources et ton réseau. L’action de demander de l’aide est un signe de force et contribue à favoriser la santé mentale de tous les membres de ta famille.

« Au début, je pensais que ça venait de moi, que c’était ma faute si elle était comme ça… J’étais persuadée que j’avais fait quelque chose de pas correct. Mais à la longue, j’ai compris que c’était autre chose qui avait causé ça. Pour ma mère c’était la drogue. Alors j’ai su que je ne pouvais pas empêcher ce qui se passait, que c’était à elle de choisir de s’aider. Mon rôle à moi, c’est de lui montrer que je suis là si elle en a besoin. On peut pas aider quelqu’un qui ne veut pas être aidé. »

Marianne, 21 ans

Le réconfort

« J’ai pris cette photo afin de démontrer l’enfant « parentalisé » dans ce sens où il réconforte sa mère alors que ce n’est pas nécessairement sa responsabilité. Il m’est arrivé, au cours des dernières années, et encore aujourd’hui de devoir réconforter ma mère dans ses peines, ses peurs, de la calmer dans son anxiété et dans ses colères... » 

Marie-Pier, 21 ans

Le fil d’une vie

« Devenir adulte quand on a un parent atteint d’un trouble mental, c’est avoir le rôle de parent et d’enfant qui se mêlent comme un tas de fils. Lorsque mon père est tombé malade, la frontière qui existait entre moi et mes parents est devenue floue. J’avais le rôle alternativement de parent et d’enfant et même dans une certaine mesure de mari parce que je devais remplacer mon père qui ne pouvait pas occuper ses fonctions. » 

Daniel, 23 ans

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