Est-ce que mon parent va aller mieux?

Les personnes qui ont un trouble mental peuvent aller mieux. Mais « aller mieux » peut prendre différentes formes, selon les personnes. Certaines vivent des difficultés pendant un certain temps, puis se sentent mieux et ne connaissent jamais plus de problèmes. D’autres personnes vivent des difficultés chroniques (qui durent depuis longtemps), mais connaissent de temps en temps des périodes de mieux-être. D’autres, encore, présenteront toujours des symptômes, mais peuvent apprendre à vivre avec leurs vulnérabilités, être heureuses et avoir une vie satisfaisante.

Qu’est-ce qui peut aider mon parent à se sentir mieux?

Il existe différents moyens qui peuvent aider ton parent à se sentir mieux.

  • Parler dans un groupe d’entraide composé de personnes qui ont vécu ou qui vivent les mêmes difficultés que ton parent.
  • Avoir un soutien adapté de la part d’un professionnel de la santé ou des services sociaux.
  • Faire des activités physiques, de loisirs ou, encore, de détente.
  • Prendre une médication adaptée pour rééquilibrer le niveau des substances chimiques présentes dans le cerveau (voir médication).
  • Une hospitalisation, quand c’est nécessaire (voir hospitalisation).

Tous ces moyens peuvent aider les personnes à se sentir davantage elles-mêmes et à retrouver leur capacité à mener une vie satisfaisante en diminuant les symptômes liés à leur trouble mental. Mais, le choix des moyens et leur efficacité peuvent varier en fonction de chaque personne et situation.

À propos de la médication

La médication est l’un des traitements que les professionnels peuvent recommander pour aider ton parent quand il ne va pas bien. Ce traitement vise en général à réduire les dérèglements chimiques présents dans le cerveau. Habituellement, cela consiste à prendre un comprimé (parfois plusieurs comprimés) au même moment de la journée pendant un certain nombre de mois ou d’années. Certains médicaments peuvent aussi être donnés via une injection réalisée par un professionnel de la santé.

Parfois, cela peut prendre un certain temps avant que la médication commence vraiment à agir et ainsi aide véritablement ton parent. Parfois, les médecins doivent changer le dosage ou le type de médication pour améliorer l’efficacité du traitement. La plupart des médicaments ont des effets secondaires (comme des nausées, de la fatigue, des insomnies ou la prise de poids) qui se font particulièrement sentir au cours des premières semaines du traitement.

Certaines personnes ont du mal à se souvenir de prendre leur médication à chaque jour et certaines n’aiment tout simplement pas ça (parce qu’elles trouvent difficiles de gérer les effets secondaires ou parce qu’elles pensent qu’elles fonctionnent bien sans médicaments par exemple). En tout début de traitement, il est possible qu’une personne se sente moins bien qu’avant de prendre cette médication, mais après quelques semaines, le corps a eu le temps de s’habituer à la molécule et la personne se sent généralement mieux. C’est pourquoi il est important de prendre la médication exactement comme le médecin l’a prescrite.

La médication ne fonctionne pas pour tout le monde, mais il y a d’autres choses qui peuvent aider ton parent (comme voir un professionnel ou un intervenant en santé mentale, faire du sport ou bouger, faire de la méditation ou des exercices de relaxation). Toutes ces choses peuvent aider les personnes à se sentir mieux et à gérer leur trouble mental. Guillaume, désormais adulte et père de famille, témoigne des défis liés à la médication de sa mère lorsqu’il était adolescent et jeune adulte :

« Ma mère a eu beaucoup de difficultés à prendre sa médication sur une base régulière pour différentes raisons : les effets secondaires comme les tremblements et la prise de poids, à certains moments elle la trouvait inefficace et à d’autres moments ma mère pensait qu’elle était guérie et n’avait plus besoin de médication, alors qu’en fait elle allait très mal. C’était lourd de devoir surveiller qu’elle prenait bien ses médicaments pendant 20 ans, période durant laquelle elle était hospitalisée pratiquement à chaque année. Toutefois, après toutes ces années, les médecins ont trouvé le bon médicament et la bonne dose, elle n’a donc pas été hospitalisée pendant les 19 années suivantes.»

SOUVIENS-TOI

> Certaines personnes auront seulement besoin de prendre de la médication pendant quelques mois. D’autres devront en prendre toute leur vie.

> Chaque personne est différente; chacun vit donc différemment le trouble mental et réagit différemment aux traitements et à la médication.

> Il ne faut jamais prendre la médication de quelqu’un d’autre. La médication qui aide une personne peut être très dangereuse pour une autre personne.

FAITS

  • Les personnes peuvent être hospitalisées quand leurs symptômes s’aggravent et qu’elles n’arrivent plus à fonctionner dans leur vie quotidienne ou qu’elles représentent un danger pour elles ou pour les autres.
  • Quand les personnes se sentiront mieux et qu’elles seront en mesure de fonctionner comme avant, elles pourront rentrer chez elles.
  • Parfois, ces personnes auront besoin d’un suivi à domicile, c’est-à-dire qu’elles pourront recevoir du soutien une fois rentrées chez elles.
  • Si tu habites avec ton parent : tu pourrais parfois avoir besoin ou envie de rester chez quelqu’un comme un oncle, une tante, un ami ou une famille d’accueil jusqu’à ce que ton parent soit à nouveau en mesure de fonctionner efficacement.
  • Si tu n’habites pas avec ton parent : lorsque ton parent quitte un établissement, tu n’as aucune obligation légale de l’héberger, malgré les pressions qui peuvent être exercées par l’établissement ou par ton parent.

Guillaume, adulte et père de famille, témoigne de son expérience liée à l’hospitalisation de sa mère et des impacts sur sa vie.

« Les pires souvenirs que j’ai de la maladie mentale de ma mère étaient les quelques jours précédant son hospitalisation. Ces moments où elle était complètement dysfonctionnelle, souvent à la limite d’être un danger pour elle et les autres, moments durant lesquels je devais la convaincre d’aller à l’hôpital. À plusieurs reprises, j’ai dû appeler les ambulanciers parce qu’elle était en crise, puis les voir qui"er la maison sans ma mère puisqu’elle refusait d’aller à l’hôpital. Alors, lorsqu’elle était hospitalisée, j’ai toujours éprouvé un immense soulagement puisque je savais qu’elle était en sécurité et qu’elle était prise en charge par des spécialistes de la santé. Bien sûr que d’être gardé quelques semaines chez des amis, par mes grands- parents ou par des amis de la famille n’était pas si facile, mais c’était un moindre mal comparativement à la période où je devais vivre avec une mère désorganisée. De la même façon, lorsqu’elle sortait de l’hôpital et m’en voulait de l’avoir fait hospitaliser, je savais que quelques semaines plus tard, elle comprendrait que c’était pour son bien.»

L’hospitalisation

Parfois, ton parent peut avoir besoin d’être hospitalisé pour recevoir de l’aide (même s’il ne le veut pas), dans des moments où il doit recevoir davantage de soutien. Être hospitalisé lui permettra d’obtenir l’aide dont il a besoin pour se sentir mieux, rester en sécurité et/ou ne pas mettre les autres en danger.

C’est toujours un moment difficile, surtout quand tu ne comprends pas ce qui se passe. Cela peut aussi faire peur à ton parent. En même temps, cela peut être un moment de soulagement, car l’hospitalisation lui offrira les soins appropriés et tu te sentiras moins seul face à la situation. Tu peux demander à accompagner ton parent dans la démarche ou l’assister à recevoir de l’information. Si ton parent accepte que tu l’accompagnes, tu pourras en profiter pour poser des questions afin de mieux comprendre la trajectoire de soins offerts à ton parent.

Ton parent reste la personne en charge de prendre les décisions qui le concernent. Mais n’hésite pas à t’informer auprès des professionnels de tes droits et de ceux de ton parent. Une équipe de professionnels et d’intervenants en santé mentale (comme des infirmiers, des travailleurs sociaux, des psychiatres, des psychologues, des psychoéducateurs, etc.) verra ton parent et fera une évaluation de sa santé mentale. L’équipe pourra ainsi identifier, avec ton parent, ce qui sera le plus en mesure de l’aider. Cela peut inclure la prise de médication, une psychothérapie, l’apprentissage de stratégies de gestion du stress et une variété d’autres traitements ou interventions. Le temps que ton parent passe à l’hôpital variera en fonction de ses besoins.Sache aussi que toutes les informations personnelles que ton parent confie à un professionnel ou à un employé d’un établissement du réseau de la santé et des services sociaux ou d’un organisme communautaire, les renseignements concernant son état de santé ainsi que les notes contenues dans son dossier sont confidentiels. En fait, les personnes membres d’un ordre professionnel (médecin, travailleur social, infirmier, etc.) sont tenues au secret professionnel. Le professionnel ne pourra te fournir l’information demandée que si ton parent l’autorise, est inapte à consentir aux soins ou est en situation de danger immédiat. Dans les cas contraires, le professionnel pourra te transmettre seulement de l’information générale sur le problème et/ ou te référer vers une ressource de soutien.

Et si tu as des raisons de croire que ton parent risque de se faire du mal ou d’en faire à quelqu’un d’autre?

Tu n’as pas à résoudre la situation tout seul. Il y a des personnes qualifiées qui peuvent t’aider et aider ton parent. Dans les cas d’urgence (si tu as peur que ton parent se fasse du mal ou fasse du mal à quelqu’un, et que tu ne te sens pas en sécurité), compose toujours le 9-1-1 et explique qu’il s’agit d’une urgence liée à un trouble mental. Veille à te protéger et à protéger les personnes
qui sont à proximité, si nécessaire.

Voici des exemples de cas préoccupants:

  • Ton parent a des comportements qui te font peur
  • Ton parent est violent ou fait quelque chose de dangereux
  • Tu ne sais pas où est ton parent depuis plusieurs heures (comportement inhabituel)
  • Ton parent est blessé
  • Tu n’arrives pas à réveiller ton parent

Au Québec, une personne atteinte d’un trouble mental qui présente, à un certain moment, un danger pour elle-même ou pour quelqu’un d’autre, peut être soumise à une garde forcée dans un établissement, comme le prévoit la Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles- mêmes ou pour autrui. Cette mesure est dite «exceptionnelle». La personne est gardée le temps que le danger se dissipe et/ou pour une évaluation de son état (c’est variable selon les cas). Sache que la personne garde son droit de communiquer avec ses proches lorsqu’elle est sous garde.

Ça peut être vraiment stressant quand les services d’intervention d’urgence viennent chez toi ou de t’y rendre avec ton parent, donc essaie de trouver quelqu’un à qui parler juste après si cela arrivait. Si tu ne trouves personne à qui en parler, tu peux toujours contacter Info-Social 8-1-1. Dans tous les cas, réfère-toi toujours aux personnes qui constituent
ton réseau de soutien (voir Conseils).

LE CONSENTEMENT AUX SOINS: QU'EST-CE QUE C'EST?

Savais-tu qu’un médecin qui souhaite soigner une personne doit d’abord obtenir le consentement libre et éclairé de celle-ci ? Toute personne possède en effet le droit d’accepter ou de refuser des soins (ex. : examen, traitement médical, hospitalisation). La personne concernée peut alors prendre la décision d’accepter ou de refuser les soins et le médecin doit respecter sa volonté.

Mais, si la personne concernée n’est pas apte à fournir une décision, le médecin peut faire une demande à la Cour supérieure pour obtenir l’autorisation de la soigner malgré son refus. Le médecin doit alors montrer que la personne est inapte à consentir à des soins et démontrer que les avantages du traitement proposé sont plus grands que les désavantages. Il n’est toutefois pas nécessaire d’avoir une autorisation du tribunal pour administrer des soins d’urgence ou d’hygiène qu’un patient inapte refuse. Dans le cas d’inaptitude reconnue et si tu as plus de 18 ans, tu pourrais être désigné comme la personne adulte autorisée à consentir à la place de ton parent.

Pour en savoir plus, n’hésite pas à consulter le dossier « Droit et santé mentale: ce qu’il faut savoir » d’Éducaloi à educaloi.qc.ca. Tu y trouveras de l’information concrète et de courtes capsules vidéo vulgarisées sur différents sujets portant sur les droits de la personne.

Pour en savoir plus sur les droits des personnes atteintes d’un trouble mental ou pour trouver des réponses à tes questions en la matière (consentement, secret professionnel, accès au dossier médical, régime de protection, etc.), consulte le Guide pratique sur les droits en santé mentale au Québec qui a été conçu par le ministère de la Santé et des Services sociaux pour offrir de l’information juridique et pratique aux proches de personnes atteintes d’un trouble mental.